Soutien à la recherche

Sidaction soutient la recherche et les chercheurs.

Les enjeux de la recherche sur le VIH

Dès le début de l’épidémie, patients, associations, chercheurs et soignants se sont regroupés pour lutter contre le VIH/sida. Des efforts conséquents ont été produits afin de mettre au point un arsenal thérapeutique qui permet aujourd’hui aux personnes vivant avec le VIH (PVVIH) qui y ont accès de contrôler la réplication du virus dans leur organisme et d’empêcher l’évolution de l’infection (on parle de contrôle de la charge virale).
Ces personnes sous traitement ont donc une meilleure espérance de vie que par le passé et ne risquent plus de transmettre le virus, une fois celui-ci durablement contrôlé. Les traitements actuels, plus efficaces et mieux tolérés, sont ainsi devenus un outil incontournable de prévention.

Néanmoins, malgré de nombreux progrès biomédicaux, beaucoup reste à faire et le combat est encore long : il n’existe toujours pas de vaccin préventif contre le VIH et on ne parvient pas à éradiquer l’infection. En effet, les molécules permettent de contrôler le virus, mais pas d’en guérir. Dans le meilleur des cas, celui-ci demeure en latence, tapi dans des cellules et des tissus dits réservoirs, au sein desquels les traitements ne peuvent pas l’atteindre. Si le patient interrompait son traitement, le virus investirait de nouveau massivement son organisme ; d’où l’importance d’une bonne observance du traitement. Enfin, les comorbidités des PVVIH vieillissantes constituent un enjeu majeur de la recherche.

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Amélioration des traitements

Depuis l’arrivée des multithérapies antirétrovirales, en 1996, l’espérance de vie des patients s’est nettement améliorée.
Mais si les thérapies actuelles présentent moins d’effets indésirables que les premières molécules, elles restent contraignantes au quotidien, avec des conséquences au long cours pour les PVVIH.

De nombreuses pistes sont encore à explorer afin d’améliorer leur santé et leur qualité de vie : amélioration des traitements existants ; développement de nouveaux médicaments permettant de contourner la résistance du virus aux traitements ; simplification et allègement thérapeutiques réduisant ainsi le poids des molécules.

De nombreuses stratégies sont à l’étude : passer d’un traitement quotidien pris par voie orale à un traitement injectable toutes les quatre semaines, d’un traitement quotidien à un traitement de quatre jours sur sept ou encore d’une trithérapie à une bithérapie pour les personnes qui contrôlent durablement leur charge virale.

Développement d'un vaccin

La mise au point d’un vaccin demeure l’un des principaux défis pour éradiquer l’épidémie. Malgré les efforts du monde scientifique et médical, aucun vaccin efficace n’a encore été mis au point.

Il faut toutefois garder à l’esprit que le processus de développement d’un vaccin quelconque requiert de longues années de recherche et de développement avant d’aboutir à un produit fini. Dans le cas du VIH, la mise au point d’un vaccin s’avère très difficile compte tenu de la diversité génétique du virus, de ses nombreux sous-types et de sa capacité à muter très rapidement.

Ces dernières années, de nouvelles perspectives de recherche vaccinale sont apparues grâce à l’identification d’anticorps neutralisants à large spectre découverts chez certaines PVVIH et grâce à la meilleure compréhension de la réponse immunitaire.
Des stratégies prometteuses sont en cours de développement pour les vaccins préventifs (pour les personnes non infectées par le VIH) et thérapeutiques (pour les personnes infectées). Suite à ces résultats, de nombreux essais vaccinaux ont été lancés à travers le monde.

Eradication des cellules réservoirs

Bien que les traitements contrôlent l’évolution de l’infection, ils ne permettent pas encore d’éradiquer le virus de l’organisme. Stocké très tôt sous une forme latente dans des cellules et des tissus dits réservoirs (intestins, cerveau, moelle…), le virus échappe aux traitements.

En cas d’interruption des antirétroviraux (ARV), il se « réveille » et se développe à nouveau dans l’organisme. L’élimination des cellules réservoirs représente donc l’un des enjeux majeurs de la lutte contre le VIH. Un axe de recherche important, HIV Cure, a été défini ces dernières années : il vise à caractériser ces cellules et à développer des stratégies pour les éliminer. À ce jour, le traitement précoce est la seule stratégie qui permettrait de limiter la taille des réservoirs.

Comorbidités sous ARV

Bien que les PVVIH aient aujourd’hui une meilleure espérance de vie, de nombreuses études montrent qu’elles développent des comorbidités liées au vieillissement (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers, etc.) plus précocement que la population générale.

Les facteurs à l’origine de l’apparition précoce de ces pathologies sont divers : facteurs liés au mode de vie (tabagisme, alcool) et facteurs liés à l’infection (la réplication du VIH et les coïnfections). La réplication du virus entraîne un état inflammatoire chronique et une activation continue du système immunitaire qui vont l’épuiser : on parle de vieillissement immunitaire ou d’immunosénescence.

Par ailleurs, l’infection par le VIH favorise les infections exogènes ou la réactivation d’infections jusqu’ici contrôlées. Et si la mortalité et la morbidité causées par des infections opportunistes ont diminué, les coïnfections par les virus oncogènes, comme l’hépatite C (VHC), l’hépatite B (VHB) ou le papillomavirus humain (HPV), sont toujours d’actualité.

Stratégies de prévention

La prévention de nouvelles contaminations passe également par la réduction des risques. De nombreux moyens sont à disposition, le plus universel étant l’usage du préservatif (qui protège également contre les autres infections sexuellement transmissibles).

Les ARV sont aussi des outils efficaces de prévention. Ils sont utilisés pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant (PTME) et celle d’une personne vivant avec le VIH à son partenaire séronégatif, si sa charge virale est indétectable depuis au moins six mois (TasP). Les ARV sont aussi utilisés en post- et pré- prophylaxies. En postexposition, ils doivent être pris dans les heures qui suivent une exposition au risque (TPE).

Plus récemment la prophylaxie préexposition (PreP), une stratégie de prévention destinée aux personnes séronégatives à risque élevé de contamination, consiste à prendre un médicament (association de deux ARV) tous les jours ou avant les rapports sexuels à risque. Par ailleurs, des études sur l’impact de la circoncision dans le cadre de l’infection par le VIH ont montré une diminution significative du risque d’acquisition du virus chez les hommes circoncis.

Ces stratégies de prévention ne sont efficaces que si elles sont combinées au dépistage, à la prise en charge globale et à l’offre de santé sexuelle. Elles doivent par ailleurs être accessibles à toutes et à tous. Pouvoir multiplier et diversifier les offres de prévention contribuera à diminuer le nombre de personnes infectées.

 

Nos actions

Sidaction est la seule association française de lutte contre le sida à soutenir la recherche. Pendant plus de vingt ans, elle a contribué aux incroyables progrès réalisés en termes de traitements et de prévention.

Mais les défis d’un traitement curatif et d’un vaccin préventif restent devant nous, et l’analyse des comportements, des évolutions des systèmes de santé et des nouvelles stratégies de prévention doit être poursuivie afin d’améliorer la réponse globale au VIH/sida.

C’est pourquoi Sidaction renouvelle chaque année son appel d’offres scientifique et médical, ouvert à tous les domaines de la recherche : fondamentale (virologie et immunologie), clinique et en sciences sociales. En dehors du cadre de l’appel d’offres, des projets en recherche opérationnelle sont également financés.

Portant sur des besoins et des situations du terrain rencontrés par les associations soutenues par Sidaction, ces projets favorisent l’émergence de thématiques prioritaires insuffisamment prises en compte et le rapprochement entre chercheurs et secteur associatif. Sidaction initie et accompagne le développement de ces projets.

Voir la liste des programmes de recherche financés par Sidaction

infographie financement de la recherche par Sidaction
infographie financement de la recherche par Sidaction

Le service des programmes scientifiques et médicaux (SPSM), composé de cinq personnes, a plusieurs missions, allant de la gestion des financements à la valorisation des projets soutenus :

Gérer les financements

Le service gère les appels d’offres proposant deux modes de soutien : l’aide aux équipes et le financement nominatif des jeunes chercheurs (financements de thèse et de postdoctorat).

Les demandes de financement émanant des jeunes chercheurs et des équipes de recherche sont évaluées par un comité scientifique et médical multidisciplinaire et indépendant, composé de 26 membres (médecins, chercheurs en recherche fondamentale, appliquée ou en sciences sociales et représentants d’associations).
Ces experts bénévoles sont chargés de proposer au conseil d’administration de Sidaction des orientations dans la distribution des fonds. Le SPSM assure le suivi scientifique et financier des projets financés.

Cultiver l'approche multidisciplinaire de la recherche

La recherche avance grâce aux synergies incroyables qui existent dans la lutte contre le VIH, notamment entre la recherche fondamentale, biomédicale et les sciences sociales. Sidaction est au cœur de ce carrefour et encourage fortement les rencontres et les échanges entre chercheurs des différentes disciplines en prenant part et en organisant différents événements scientifiques.

Depuis 2009, la Journée des doctorants permet aux étudiants en thèse ou en postdoctorat financés par Sidaction de présenter leurs projets et d’échanger dans un contexte convivial. Sidaction organise également depuis 2009, tous les deux ans, l’Université des jeunes chercheurs, une formation multidisciplinaire sur le VIH, associant cours et ateliers interactifs, qui met en lien plusieurs générations de chercheurs œuvrant dans des domaines différents. Depuis 2015, la Journée scientifique de Sidaction rassemble les chercheurs soutenus par l’association et leur permet d’échanger sur leurs derniers résultats.
En complément, différentes journées thématiques en sciences sociales sont organisées.

Communiquer auprès du grand public

Communiquer les avancées de la recherche au grand public et aux donateurs est l’une des missions du SPSM, qu’il réalise avec l’appui du service de la communication. Les donateurs peuvent échanger avec les chercheurs soutenus par Sidaction lors d’événements qu’elle organise, notamment au cours des visites de laboratoires, lesquelles donnent l’occasion aux donateurs de découvrir le travail quotidien des chercheurs. Ce partage d’information avec le grand public s’accomplit également par la publication régulière d’articles traitant des dernières avancées et d’interviews de chercheurs dans le magazine transversalmag.fr.

Valoriser la recherche

L’appui aux jeunes chercheurs est l’une des missions primordiales de Sidaction. Depuis 2003, le prix Jeunes chercheurs distingue des travaux particulièrement prometteurs soutenus par l’association et qui contribuent aux découvertes et aux solutions de demain.

Sidaction offre également une visibilité de la recherche française à l’international. Elle organise notamment des symposiums lors des conférences internationales sur le VIH, permettant aux chercheurs soutenus de présenter leurs travaux et d’échanger avec des confrères du monde entier.

Cette valorisation de la recherche et des chercheurs passe aussi par un aide financière à l’organisation de conférences scientifiques et à la participation des jeunes chercheurs à ces événements.