Une stratégie d’immunoprophylaxie prometteuse

L’immunoprophylaxie vectorisée fait partie des stratégies innovantes présentées à la CROI 2015.
Publié le 27.02.2015.
immunoprophylaxie vectorisée, CROI 2015, adénoviru, gène codant, anticorps

Présentée par Phil Johnson (Children’s Hospital of Philadelphia, aux Etats-Unis), cette stratégie repose sur l’utilisation de l’adénovirus (AAV) comme vecteur avec, à l’intérieur, un gène codant pour un anticorps neutralisant à large spectre(1),(2) .

Injecté dans l’organisme, l’AAV va infecter (sans effet pathogène) des cellules, ce qui va permettre, grâce à la machinerie cellulaire, d’entrainer la production de l’anticorps. Les chercheurs ont démontré que cette production d’anticorps pouvait persister plusieurs mois (jusqu’à 6 mois dans les travaux présentés), dans le modèle animal murin. Cela présente un intérêt majeur. En effet, à ce jour, aucun vaccin anti-VIH n’étant disponible, on ne sait pas faire produire par l’organisme des anticorps neutralisant à large spectre, capables de bloquer efficacement l’infection des cellules par le VIH.

Parmi les pistes des chercheurs, l’immunisation passive, qui consiste en l’injection de ces anticorps est à l’étude. Elle implique une administration répétée régulière d’anticorps, ce qui pose, notamment, des problèmes de faisabilité. L’immunoprophylaxie vectorisée présentée par Phil Johnson apporte une solution aux contraintes rencontrées avec l’immunisation passive.

 

Par Sophie Lhuillier - Sidaction et Marion Morgand - Doctorat à l’Université de Tours, Inserm U966, Tours, France. Marion a participé à l'édition 2013 de l’UJC(3).

 

(1) - HIVR4P 2014 : Anticorps neutralisants quoi de neuf ? - AIDS 2014
(2) - Lili Yang and Pin Wang, Viruses 2014, 6, 428-447
(3) - Université des jeunes chercheurs (UJC)