Un traitement allégé pour les adolescents vivant avec le VIH ?

Selon les estimations de l’Onusida, il y a 2,1 millions d’adolescents qui vivent avec le VIH dans le monde, dont la majorité dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Publié le 27.02.2015.
CROI 2015, Afrique subsaharienne, vih, accès aux traitements, ados

En raison du manque de soins et de services adaptés à leurs besoins, les ados représentent une catégorie particulièrement vulnérable : le taux de mortalité dans ce groupe a augmenté de 50 %  entre 2005 et 2012, alors qu'il a baissé de 30 % dans la population adulte.

Cela s’explique surtout  par des difficultés d’accès aux traitements ou des problèmes d’observance, amplifiés dans cette classe d’âge par l’absence de soutien dans la divulgation du statut sérologique, l’auto-stigmatisation mais aussi la prise de risque inhérente à ce moment de la vie.


L’équipe de Karina Butler (Our Lady’s Children Hospital, Dublin) a évalué la non-inferiorité d’un schéma thérapeutique prévoyant des cycles de traitement sur 5 jours avec deux jours de pause, par rapport à un régime classique de traitement quotidien. Ce régime « allégé », qui autorise à avoir des week-ends sans thérapie, contient de l’efavirenz, une molécule antivirale connue pour sa longue demie vie lui permettant de maintenir des niveaux de concentrations élevés pendant  les deux jours d’interruption.

 

Testé sur environ une centaine d’adolescents, il a  donné des résultats cliniques satisfaisants et a été plébiscité par les participants, contents de pouvoir passer des week-ends avec les amis sans devoir se préoccuper de prendre des médicaments, le plus souvent en cachette. L’essai va se poursuivre pendant deux ans, pour observer les éventuels effets de ce régime thérapeutique sur le long terme, mais il ouvre déjà de nouvelles pistes de réflexion pour améliorer la prise en charge des adolescents séroposotifs.

 

Veronica Noseda - Sidaction