Bloquer l’établissement des réservoirs

L’équipe de Dan Barouch (Harvard Medical School, Boston) a précédemment montré le potentiel thérapeutique de l’anticorps neutralisant à large spectre PGT121, qui reconnait la région V3 de la protéine virale d’enveloppe gp120.
Publié le 27.02.2015.
CROI 2015, vih, PGT121, charge virale, cellules réservoirs

Utilisé chez le singe chroniquement infecté par le virus SHIV (il s’agit ici d’un modèle animal et de virus pour l’étude de l’infection par le VIH), PGT121 diminue la charge virale. Dans les travaux présentés à la conférence mondiale sur le VIH/sida de Melbourne l’été dernier, les chercheurs du même laboratoire, observaient que l’établissement du réservoir viral avait lieu très tôt après l’infection (en moins de 3 jours dans l’étude chez les singes), avant même l’apparition de virus détectables dans l’organisme(1) .

L’étude que présente Dan Barouch 6 mois plus tard à la CROI 2015, montre avec un schéma identique, c'est-à-dire, avec une initiation des traitements à 3, 7, 10 et 14 jours post-infection chez les singes que la présence de  PGT121, en plus des antirétroviraux, entraine un retard prolongé du rebond viral à l’arrêt des traitements (soit 6 mois après leur initiation).

Le réservoir VIH n’a pas disparu, mais il semble plus petit ce qui encourage l’équipe de recherche à renouveler l’expérience avec l’utilisation, non plus d’un, mais de deux anticorps anti-VIH neutralisant à large spectre. Une traque contre l’établissement de cellules réservoirs à suivre aux prochaines conférences.

Sophie Lhuillier - Sidaction

 

(1) - Les réservoirs formés en moins de trois jours - AIDS 2014